Joseph Plaskett

Biographie

Joseph Plaskett est né en 1918 à New Westminster en Colombie-Britannique. Ses œuvres se trouvent dans les collections des galeries publiques canadiennes, de l’Île-du-Prince-Édouard à l’Île de Vancouver, entre autres celles du Musée national des beaux-arts du Canada, de la Beaverbrook Art Gallery, de la Winnipeg Art Gallery, de la Vancouver Art Gallery et de l’Art Gallery of Greater Victoria. En 2001, il a été nommé Officier de l’Ordre du Canada pour son excellence dans le domaine des arts visuels. Son autobiographie, A Speaking Likeness, a été publiée en 1999 aux éditions Ronsdale Press. La Plaskett Gallery du Massey Theatre à New Westminster a été baptisée en son honneur.

Proposé par Lawren Harris, Joseph Plaskett reçoit la première bourse Emily Carr en 1946. Ce prix a bouleversé sa vie en lui permettant d’étudier d’abord à la California School of Fine Art de San Francisco, puis avec Hans Hofmann à New York et à Provincetown. À l’issue de cette année, sous la double recommandation de Lawren Harris et d’A. Y. Jackson, il accepte le poste de directeur de la Winnipeg School of Art où il enseigne pendant deux ans, jusqu’à ce que l’attrait de l’Europe ne devienne irrésistible.

En 1957, Joseph déménage à Paris. Peu de temps après, lui et son collègue américain, l’artiste David Hill, entreprennent d’acheter de de rénover une maison abandonnée dans le quartier du Marais, découvrant sa beauté du 15e siècle et la remplissant de trésors dénichés dans les marchés aux puces parisiens. Les fêtes tenues dans cette maison furent légendaires. Artistes, musicien(ne)s, entrepreneur(e)s et dignitaires d’un peu partout dans le monde y ont été invitées. Les jeunes artistes du Canada en visite à Paris y étaient toujours les bienvenu(e)s.

Paris s’avéra le contexte idéal pour son épanouissement artistique. M. Plaskett a produit certaines de ses plus grandes peintures et oeuvres au pastel durant son séjour au 2 rue Pecquay dans le Marais. Une plaque commémorative à l’extérieur de sa demeure fut érigée par le Préfet de Paris en 2016. Cette plaque honore la contribution de M. Plaskett aux arts et à la culture du Canada et d’ailleurs.

Plaque honorifique à l'extérieur de la demeure parisienne de Joseph
Plaque honorifique à l’extérieur de la demeure parisienne de Joseph

Joseph Plaskett avec Mario Ducet
Joseph Plaskett avec Mario Ducet

Après le décès de David en 1977, Joseph a commencé à passer plus de temps au Royaume-Uni, où il avait hérité d’une petite maison champêtre au centre de Suffolk, nommé avec justesse « The Cedars ». Il a transformé les deux acres de boisé en un jardin enchanteur, avec un verger, un étang, un pont en arc, des sentiers et un pavillon de thé avec l’aide de l’artiste canadien Mario Doucet, qui deviendra son assistant et compagnon pour le reste de sa vie.

The Cedars
The Cedars

En 2000, Joseph et Mario ont quitté leur demeure parisienne et déménagé à « The Cedars ». M. Plaskett a continué à peindre bien au-delà de l’âge de quatre-vingt-dix ans, sous les soins de M. Doucet. Il s’est éteint paisiblement dans son sommeil le dimanche 21 septembre 2014, dans sa demeure. Il avait quatre-vingt-seize ans.


Un message de Joseph Plaskett

Joseph à Paris dans les années 50
Joseph à Paris dans les années 50

« Qu’est-ce qui m’a conduit à donner une grande partie de ma fortune et à vivre avec bonheur un appauvrissement relatif ? Les raisons sont multiples.

C’est à cause de l’amour, l’amour de plusieurs choses et personnes. D’abord, il y a l’amour de mon pays, le Canada, qui grandit de plus en plus tandis que je poursuis ma vie expatrié.

Deuxièmement, il y a mon amour de l’art, en particulier de la peinture, qui s’amplifie et devient plus passionné en vieillissant.

Troisièmement, il y a mon amour des jeunes, des jeunes artistes de mon pays qui peuvent poursuivre les rêves et les idéaux après mon départ.

Un quatrième amour est celui de l’Europe, un continent qui est une réserve immense de grand art. Tous les jeunes artistes devraient pouvoir profiter de ces richesses et en tirer des enseignements.

L’art que je fais et que d’autres font renforce le miracle de la vie. Presque chaque jour, je vis dans un état d’exaltation. Pour moi, l’art de la peinture est sacré. Il est au centre de tous les autres arts visuels. Cet art se renouvelle constamment.

Les cinq premiers gagnants de mon prix illustrent ce renouveau, apportant de nouvelles idées et sensations au monde. En voyant leur travail, ma première réaction a été “j’aimerais peindre comme ça”. Mais aucun artiste doté d’un talent original ne peint comme un autre.

Durant ma longue carrière, j’ai été récipiendaire de nombreux prix : le prix Emily Carr, le prix Blocked Funds et le prix Senior Art Council. Ces prix ont bouleversé mon développement. Ils ont tous été décernés par mon pays. J’en suis reconnaissant.

J’ai fixé certaines exigences que le lauréat doit respecter. Il ou elle doit utiliser le prix pour séjourner à l’étranger et avoir une pratique de la peinture. Au milieu des années 80, quand j’ai commencé à planifier la Fondation, je pressentais que la peinture et le dessin seraient confrontés à un avenir incertain. Il semblait alors que les nouvelles formes d’expression visuelle captaient toute l’attention. Je voulais corriger le tir. Je n’ai plus cette impression.

L’art de la peinture est entré dans un nouvel âge d’or.
Il n’est plus en danger d’obsolescence.

Lyle Stafford/Photo
Lyle Stafford/Photo

Hormis ces deux restrictions, le lauréat est libre de suivre sa propre voie. Il ou elle peut faire de l’abstraction ou de la figuration. Tout bon art figuratif doit être abstrait, tout comme l’art abstrait découle de ce que nous appelons la nature. Ce qui est en vogue aujourd’hui, l’art conceptuel, a toujours été présent. Tous les tableaux débutent par un concept, une autre dénomination pour l’image ou l’imagination. L’erreur est d’isoler le concept, comme si l’idée n’avait pas besoin qu’on lui donne une forme permanente. Mais tout ce qui se passe en art fait partie d’un processus d’exploration et de découverte. J’espère vivre encore quelques années pour apercevoir ce qui s’annonce. »

Joseph Plaskett
3 avril 2008